Disparition du militant breton Herri Gourmelen

Dépêche publié le 6/11/20 9:56 dans Disparitions par La rédaction pour ABP
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Herri Gourmelen entonne le Bro gozh ma zadou dans l’enceinte du Conseil régional à Rennes en 2015

L'ancien conseiller régional de Bretagne Herri Gourmelen est décédé jeudi 5 novembre 2020 à Saint-Malo. Il était âgé de 77 ans et était atteint d’un cancer du poumon. Les hommages sont très nombreux pour saluer la mémoire du militant de la cause bretonne.

L’ancien porte-parole de l’UDB avait fait deux mandats au Conseil régional de la Bretagne administrative et avait fait sensation dernièrement lors de l’intronisation du président actuel en entonnant en tant que spectateur, le Bro Gozh ma zadoù.

Mon ami et camarade Herri Gourmelen vient de nous quitter. Un deiz du e miz-du eo evit ar Vro hag evit ar brezhoneg ivez. Tant de souvenirs, tant de combats menés ensemble. Tant de combats que nous poursuivrons, en pensant à toi. Kenavo ma c'hamalad__Kristian Guyonvarc’h

Selon un autre membre de l’UDB, Herri Gourmelen est «  Une perte incomparable pour la Bretagne. Un bel exemple aussi d'engagement et de rectitude intellectuelle ».

Né en 1943 à Argol dans la presqu’île de Crozon, ce brittophone était devenu enseignant et s’était installé à Saint-Malo où il est entré au Conseil municipal. En 1965, il a rejoint les rangs de l’Union Démocratique bretonne (UDB). Il a souvent été en désaccord avec ce parti en se mettant en retrait comme entre 1970 et 1977. En 1977 il y revient et en devient le porte-parole jusqu’en 1994.

Il a été conseiller régional de Bretagne durant deux mandats de 2004 à 2015.

En septembre 2015, Herri Gourmelen avait démissionné de l’UDB avec 7 autres membres dont Mona Bras devançant selon ses dires une expulsion suite à un désaccord au sujet des élections régionales. Il déclarait alors "Je démissionne, explique-t-il, d’un parti auquel j’ai beaucoup donné, et cela en raison d’un double désaccord. Désaccord sur des méthodes que je ne connais que trop pour avoir naguère refusé de cautionner la purge de 1969 et avoir de ce fait été hors du parti pendant sept ans, avant que, cédant aux pressions amicales, je ne réadhère et devienne porte-parole et responsable des relations extérieures de 1980 à 1994, contribuant largement à assouplir le mode de fonctionnement interne, en supprimant le trop fameux centralisme démocratique". Voir dans Le Télégramme . En 2015 Herri Gourmelen avait soutenu une candidature Le Drian plutôt que Troadec et Oui la Bretagne qui avait été l’option choisie par l’UDB.

Herri Gourmelen est l’auteur de Breiz a Gleiz (2006), un livre dans lequel il explique les raisons de son engagement dans la vie politique bretonne et où il retrace son parcours.


Vos commentaires :
Rafig
Dimanche 29 novembre 2020
Merci pour ce résumé de la vie de ce militant de longue date.
Mais, habitant la Loire-atlantique à cause de la séparation administrative et médiatique, je ne le connaissais pas.


«En septembre 2015, Herri Gourmelen avait démissionné de l’UDB ».
comment suivre le bon chemin breton avec de tels partis politiques !

Christian Rogel
Dimanche 29 novembre 2020
J'avais oublié qu'Herri Gourmelen avait désapprouvé et payé cher l'exclusion des sections parisiennes et rennaises jugées déviantes par l'Union démocratique bretonne le 1er février 1970.
A moins qu'il ne parle de l'exclusion d'un membre de l'UDB exclu parce pris dans une rafle ant-FLB.
Ce qui semble mieux établi, c'est qu'il ne partageait pas les présupposés de certains de ses camarades qui avaient été dans l'orbite du Parti communiste qui avait une aura, dont on a peu idée, du fait de sa solidité comme appareil (centralisme démocratique).
L'histoire s'est répétée comme farce : les premiers militants de Breiz Atao, en 1918, ont eu une matrice issue de l'Action française.
Essayons une autre matrice ? Spoiler : l'écologie politique ne semble pas taillée pour ça.

Rafig
Dimanche 29 novembre 2020
«l'écologie politique ne semble pas taillée pour ça»
Non si c'est pour être des supplétifs d'un parti français écologiste, centralisé sur Paris et qui fonctionne en «régions» administratives : «écologistes B4» ou PDL ? ce qui est un non sens qui point de vue de la démocratie, du respect des peuples locaux et de l'efficacité des actions en faveur de l'environnement.
«Essayons une autre matrice ?» Si l'écologie armoricaine fait par et pour les habitants de la Bretagne (historique B5) en concertation avec ses voisins immédiats : Normandie, Val-de-Loire (Angers-Orléans) et Poitou (85-79-86).
En effet, tous bretons régionalistes, autonomistes devraient être désireux de préserver TOUT ce qui fait la Bretagne : Langues, Unité B5, activités économiques et bien sûr environnement. Garder propre les côtés et les rivières, dépolluer les champs, garder les forêts et les landes qui ont faits le caractère spécifique de la Bretagne et qui depuis 75 ans est rudement mis à mal par le modèle économique actuel, dont nous sommes perdant-perdant.

Laer-noz
Dimanche 29 novembre 2020
Une matrice n’est pas LE produit fini, c’est un atelier qui sous condition d’avoir les matériaux nécessaires « délivre » un …projet !
Je vous rejoins Christian Rogel sur ce que depuis longtemps sur l’adoption et l’aliénation par l’arrimage à ce que vous appelez « matrices », et moi idéologies étrangères, (les religions en faisant ô combien partie), toutes qui n’ont été que stérilité ou négativité et criminalité dans les applications, pour ne parler que des Bretons, puisqu’il s’agit d’eux ici !

Tout comme elles l’ont été pour les Français et les Russes, et pour tous ceux qu’ils ont entraînés, bon gré mal gré, dans leurs démences sociétales et politiques !

Jacobinisme, communisme, nazisme, islamisme Etc… Osons la comparaison dans l’Histoire sur leurs applications, conséquences et jugeons si nous devons continuer à ensemencer dans ces « matrices » déformantes, atrophiantes, névrosantes, gazantes, tuantes et nuisant à toutes les évolutions « supérieures », que mérite l’Humanité de la part de l’intelligence collective des Homme pour une autre Histoire future !

Personnellement, bientôt octogénaire, j’en ai retiré la conviction que l’Homme, que des hommes et des femmes, portent en eux de tous temps, et pour ceux à venir, toutes les caractéristiques psychologiques, pour reproduire, stupides générations successives pensant chacune, à chaque fois réinventer la roue ou le fil à couper le beurre, donc les pires moments et actes de notre histoire humaine ! Si les moyens leur sont donnés (ET LAISSÉS), par un biais ou un autre (des enfants nous montrent en ces domaines des aptitudes un peu déroutantes). Il faudra donc nous en prémunir !

Dans le champ de ruines intello-politiques planétaire que faut-il choisir, garder comme éléments pour notre modèle et rejeter absolument de ces déchetteries de la Pensée pervertie, pour penser et construire une Bretagne nouvelle ? Une autre Gaïa
Pour enfin un voyage enfin vers les « Étoiles », vers la Lumière, ou toujours continuer à s’enfoncer de plus en plus profond vers le Centre de la Terre, et s’inhumer, s’abîmer, comme dans un tombeau gigantesque, infernal?

Essayer une autre matrice? Oui ! Mais pour y gicler quel « Génome » ? Pour quel Être et Avoir ? Pour quel Avenir ? Pour Qui ?
Partir de la mise à plat ? Partir d‘un vide ainsi choisi, organisé et établi devenu un constat terrible pour certains, mais peut-être exaltant pour d’autres ? Que faire ? Reprendre sans doute ce qui nous paraîtrait bon à réétudier, conservable pour une reconstruction. Sans tabou, faiblesse et mièvrerie en ayant toujours une part de nos cerveaux qui conserve l’Histoire, exacte des Hommes de leurs systèmes idéologiques et religieux façonnant les sociétés devant être résolument considérées du passé, d’un passé primitif, une ère qu’il est décidé une fois pour toutes d’achever ! ! Revoir les textes, les idéologies, les livres qui ont animé les monstres ! Et utiliser l’utile et oublier le temps qu’il faudra, le reste !

Ne pas, ne jamais plus oublier la « bête qui sommeille », parfois plus dangereuse encore sous le masque de l’Ange !

En Bretagne nous ne devrions ne plus se laisser imposer, tels quels, à aucun prix, de cette déchetterie les prêts-à-penser mal appliqués et trop souvent génocidaires, qui aliènent nos esprits et agressent nos corps ! Que nous reste-t-il alors? Qu’avons-nous ?

Un début de matérialisation d’une idée est né en Bretagne, par des Bretons, voilà quelques années, une idée que seul un petit nombre a prise très au sérieux, et d’autres pas vraiment ! Et d’autres encore incrédules, en ont ri ! D’autres encore bien plus nombreux, c’est-à-dire presque tous les Bretons, n’en ont rien su! An Daël Breizh !

An Daël Breizh un génome, un outil, une structure matricielle pour un projet dans lequel à investir nombreux, avant que les « prêts-à-penser » plus ou moins implantés déjà, environnants de la Déchetterie ne le rende imbuvable, et indigne de confiance. Daël Breizh pourrait être un point de départ là tout de suite, un lieu, un espace de réflexion, une cocotte minute mentale, un champ de culture, une déchirure temporelle, un passage vers une autre dimension.

Fini le temps des « militants » et politiciens sous bandelettes! Il nous faut des « Argonautes » ! Pour un Nouveau Monde, un vrai celui-là, sans recueils des vieux diktats religieux sous le bras ! Plus de Mayflower qui ne transporterait, ne transplantait que des moisissures anciennes!

Une Matrice rénovée, augmentée ! Un incubateur ?

L’écologie politique, l’écologisme déjà se noie…


Christian Rogel
Dimanche 29 novembre 2020
@Laer-noz
Il semble réaliste de penser qu'il faut, malheureusement, toujours des matrices pour élaborer une pensée politique un peu plus originale que les précédentes. C'est pourquoi, Breiz Atao, comme l'UDB, ont du partir d'un existant.
C'est important dans l'histoire de la Bretagne, puisque la doxa (particulièrement à l'Université) prétend que la Bretagne comme objet politique est sortie du seul cerveau (échauffé par le lambig ?) de La Villemarqué. C'est une idiotie proférée quasi-intentionnellement, alors que tous les autres courants politiques ont des généalogies séculaires.
Ce qui est intrigant, c'est que la Bretagne n'a eu que fort peu de penseurs qui l'aient pensée en général. Surnagent, à peine, que quelques figures, très à droite, comme Mordrelle, Youenn Olier, Fouéré ou, à gauche, comme Masson, mais, rien de consistant à notre époque. L'UDB n'a pas pu favoriser de «penseur phare», car, sa base était «basiste» (niveleuse et privilégiant l'activisme).
La grande mutation du mouvement breton, qui a été, de se défaire de l'idée du bretonnisme basé sur l'hérédité (la «race») pour mettre en avant les discriminations économique et sociale, dont la langue n'est qu'un élément, n'a pas produit de doctrine cohérente et insoluble dans la machine française.
Cela reflète la déconsidération pour les cadrages idéologiques. Simple hypothèse : la situation française est très particulière avec sa république castratrice (voir les essais d'Yvon Ollivier), ce qui laisse présager d'un effondrement politique à moyen terme, puisqu'elle se prive de possibilités de rappel.
Qui se lèvera pour rendre compte de cette évolution ? Si, elle se produit, on pourra l'étiqueter du terme bretonnisme, mais, celui-ci est en veilleuse.
La croissance inédite et inattendue (depuis mars) d'un mouvement indépendantiste chez nos cousins lointains du Pays de Galles signifie-t'elle que les Bretons peuvent, aussi, se mettre en marche ? Pourvu qu'ils aient su parler à tous ceux qui habitent sur le territoire historique.
J'ai du mal à percevoir ce que Dael Breizh peut créer comme berceau d'une pensée politique, mais, rien n'est impossible, mais, il faudra, le moment venu, un mouvement grass root (keodedel ?) analogue à Yes Scotland et Yes Cymru.

Laer-noz
Dimanche 29 novembre 2020
@Christian Rogel
Je vous réponds en commençant par la fin de votre réponse, pour laquelle je vous remercie.

Pour Daël Breizh et une pensée politique.

Il y a aujourd’hui accumulée depuis plusieurs milliers d’années de LA pensée politique à ne plus savoir qu’en faire, bien plus, trop, que l’Homme en a besoin pour lui garantir l’organisation des sociétés, la mise en place, la réalisation, la concrétisation des biens matériels et immatériels « essentiels » pour son existence dans de bonnes conditions. Excellentes même !

LA pensée politique sur toute la planète a dû accoucher de sommes incommensurables de lois (bonnes ou plus mauvaises les unes que les autres) dans tous les domaines durant cinq millénaires ! Des premières lois simples en partant des peuplades primitives, et en passant par celles des pharaons, du Code d’ Hammourabi jusqu’à nos jours!

YWHY lui a fait simple, très, et décrété une seule faite de dix commandements. Il savait bien que l’Homme ne s’en tiendrait pas à cette limite et qu’il allait s’occuper beaucoup à disséquer chaque commandement, les amender, les moderniser, les contourner, et les ignorer « religieusement », et à l’infini. En fonction des petits et grands intérêts , et en commençant par les siens !

Ce faisant je pense que il y a tant de lois qui régissent tous les domaines et tous les compartiments de nos vies que la pensée politique n’est plus utile pour en produire davantage ! Non seulement la pensée politique d’entretien de routine pour les mises à jour, celles qui seraient indispensables. Toutes ces LOIS intelligemment sélectionnées, peuvent aussi rendre presque inutile les hommes et femmes qui prétendent nous représenter ! Les LOIS ayant tout prévu, les formes d’organisation politique et de représentativité d’aujourd’hui doivent être totalement repensée, Reste les contrôles de leur application rigoureuse et de la pertinence de leurs différents articles et alinéas au regard de l’évolution générale des sociétés et des techniques.

Alors An Daël doit-il produire lui aussi de « la pensée politique », ajouté encore plus de complexité, de lois inappliquées, de façons de les contourner, de ne pas les respecter ?

An Daël faisait, fait un travail de recherche sur la constitution ancienne et le corpus des lois de notre vieil état breton qui semblent bien avoir été plus évolué, moderne, que ce que l’état parisien nous a infligé depuis 1532.


Rafig Glaz
Dimanche 29 novembre 2020
De belles réflexions sur la matrice de la politique bretonne passée et présente mais il faut prévoir l'avenir. C'est maintenant un peut vain. Plus de gauche, ni droite, plus de ...iste. C'est du passé.
Notre matrice «suprême» c'est la Terre !
Maintenant nous savons que nous courrons à la catastrophe écologique avec ses multiples causes dues aux activités humaines qui détruisent notre environnement.
Plus de Bretagne libre dans un territoire défiguré, pollué où l'eau et la nourriture ne sont plus de bonne qualité, où des gens sont à la misère avec l'écroulement du système économique de prédation.

Nous devons collectivement réinventer une politique spécifiquement bretonne pour affrnoter nos propres problèmes avenirs et déjà en cours.


Yann Menez Are
Dimanche 29 novembre 2020
Sacré bonhomme et Sacré militant. Herri Gourmelen manquera à la cause bretonne c’est évident!

Laer-noz
Dimanche 29 novembre 2020
Rafig Glaz pe glaz/gwer, pas de charrue avant les bœufs! Ça ne marche pas!

Commençons, ,commencez par faire «rapidement» une Bretagne libre, et avec des Bretons libres et conscientisés et alors seulement en faisons donc un exemple, connu et reconnu comme tel et que tout le monde sur toute la TERRE aura envie de faire en son jardin particulier. Rêver devient difficile souvent et de plus en plus! Sauf si dispositions particulières!

Et pire encore seulement se contenter de rêver sur un terreau en décomposition !


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