Gouel ar Brezhoneg avait été arrosée, mais les organisateurs des fêtes estivales pensaient que la canicule continuerait... Manque de chance, dès que les enfants ont eu droit à leurs vacances bien méritées, ciel gris, ciel chagrin, baisse des températures et humidité.
Alors le calvaire de l'organisateur commence : il regarde toutes les six heures la météo sur Internet, mêlant la météo agricole, la météo marine, météo france, les dictons ... pour voir, malgré les centaines de kilos de moules, de beurre, de frites, de pâte à crêpes, le ciel lui tomber sur la tête à n'importe quelle heure...
Travailler «a youl-vat», être un «volunteer», que ce soit pour Diwan, le club de foot, l'asso des pétanqueurs... c'est pour gagner des sous, pas pour voir tout espoir d'équilibrer les comptes, d'acheter un nouveau vélo pour le club de VTT, pour financer le poste d'une aide maternelle ou d'un AVS,
emporté par le vent et les gouttes de pluie qui font fuir les touristes qui voudraient des vacances au sec, au chaud, à la plage...
Alors, le blues ? Pourtant, face à l'adversité, les amitiés se nouent, les équipes se renforcent. Si on gagne, c'est ensemble, si on perd, on est solidaires. Et les anciens de dire que ces grandes fêtes d'été ressemblent fort aux fêtes de la moisson autrefois. Mais que c'est dur quand tout un été, les vacanciers mouillés se réfugient sous les tables pour finir leur repas... Et les bénévoles comptent alors leur maigre recette en rangeant les supports d'affiches qui ne serviront plus l'an prochain, le carton trempé pliant sous les doigts, en recomptant les douzaines d'oeufs qu'il faudra revendre, les factures accumulées de sono, de groupes, de chapiteaux, de...
Et toute cette énergie pourrait être mise à profit pour interpeller des élus qui pourraient subventionner des fêtes, qui, de toute façon, apportent un plus à la commune, créent du lien social, aident des personnes à se retrouver autour d'un projet, permettent de parler breton dans «une communauté de pratiques», permettant à tous ces gens de bonne volonté, des milliers en Bretagne, de préparer dans la sérénité ces moments de convivialité où se joue aussi l'avenir d'une pratique de la langue et de la culture bretonne, populaire et locale.
■Un bénévole qui en a fait et en fait encore que ce soit pour la Bretagne pour des associations sportives,etc..
Mettre sur le même plan Diwan et un club de foot me laisse quelque peu dubitatif....
Donc, Diwan ne serait qu'un loisir....
Franchement, cela me gêne... car on peut se poser la question : Est-ce que Diwan est faite pour les enfants ou faite comme une activité pour des parents férus d'associatif qui s'ennuient....?
Il suffit de voir le faible taux de passage au collège (~1/3) pour renforcer cette question, vu qu'au collège la part associative est bien moindre pour les parents alors que cela implique un plus de mobilisation (d'entraide sincère) pour transporter sur les quelques kms supplémentaires.
Donc si je comprends le suggestion de l'article, il faudrait que les associatifs qui organisent des fêtes estivales consacrent un peu de leur temps à interpeller les élus....
C'est intéressant, car c'est exactement ce qui manque à Diwan : des parents capables de laisser un peu de coté l'organisation des activités associatives (Festou-noz, puces, foires en tout genre) pour aller au devant des élus et leurs rappeler que l'école est gratuite (les textes sur le droit des enfants obligent à un financement intégral par l'état) et qu'il est discriminatoire que Diwan (au titre d'enseigner dans la langue du pays) ne perçoive que 50% du budget de fonctionnement en provenance d'une source étatique....
Mais bon, laisser un peu de coté les Festou-noz pour aller voir nos élus et leur rappeler leur devoir de financement des 50% restant est certainement une mission plus difficile à réaliser que d'aller voir ces mêmes élus pour subventionner une équipe de foot ou la crêpe-merguez party estivale d'accueil aux touristes....
L'argent de l'état doit aller en priorité aux écoles et aux enfants, pas à subventionner des fêtes ou activités de loisir....
Mais ça, c'est hors de la compréhension des Bretons actuels!
(J'évoque les parents de Diwan mais on peut également mettre toutes les associations bretonnes qui pourraient elles aussi interpeller les élus afin de soutenir Diwan mais préfèrent fermer les yeux sur cette discrimination.... considérant qu'1% d'enfants scolarisé en breton et 50% de budget manquant, ce n'est pas vraiment une discrimination. C'est dire si la solidarité ne va pas bien loin concrètement dans la réalité...).
(Et pour être honnête, Diwan elle-même communique à 100% sur sa prétendue gratuité, aimant à oublier la discrimination et les 50% de financement étatique manquant qu'il convient de combler. Comme s'il était possible d'imaginer pouvoir un jour offrir aux enfants de Bretagne un enseignement en breton au delà de 1 à 2% de la population par la seule force divine de l'associatif...)