Gouren et maout sont indissociables mais la lutte bretonne est traduite devant le Tribunal de Brest lundi prochain par une association parisienne de défense des animaux. En effet, le vainqueur des grands tournois se voit offrir un mouton vivant et le porte sur ses épaules : le « Maout », symbole de victoire du lutteur et geste on ne peut plus biblique. Depuis la nuit des temps, les bergers ramènent ainsi leur bête au bercail lorsqu'elle s'égare et lors des championnats de Gouren, c'est le geste du vainqueur.
Où est le scandale quand on sait l'éthique sportive du gouren que les lutteurs appliquent entre eux comme tout égard pour la bête pendant l'épreuve et le tournoi terminé ? Une bête qui bien souvent termine son existence dans le pré du vainqueur.
C'est avec stupéfaction, que le Collectif Breton, Démocratie, Droit de l'Homme a appris cette poursuite au pénal de la Fédération de Gouren et lui apporte son soutien : c'est incompréhensible d'être poursuivi pour une pratique qui plonge avec respect ses racines dans la tradition. Application du code rural ? Certes, mais pas de façon abusive, au prétexte de l'ignorance évidente de cette association parisienne, peu au fait de pratiques sportives rurales bretonnes respectueuses des animaux qu'elles côtoient.
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