Municipales de 2020 : la réunification, thème porteur pour les jacobins ?

Lettre ouverte publié le 26/11/19 13:59 dans La réunification par Michel Le Tallec pour An holl d\'ar skol

Plus c'est gros et plus ça passe ! Oui, nous avons bien lu, les uns et les autres, sur les réseaux sociaux, sur les sites spécialisés, voire dans les quotidiens locaux, cette annonce effarante : Jean-Jacques Urvoas, ex-garde des Sceaux sous les gouvernements Valls et Cazeneuve, membre toujours dûment encarté du très jacobin Parti Socialiste, Jean-Jacques Urvoas donc, va faire une conférence sur... la Bretagne à 5 départements ! 

Après tout, pourquoi pas, puisque l'idée d'une Bretagne réunifiée est, sondage après sondage, soutenue par une majorité toujours croissante de Bretons. Sauf qu'il ne faut quand même pas prendre les dits-Bretons pour des imbéciles : cela fait maintenant plus de 40 ans que cette Bretagne à 5 départements est demandée, mais aucun courant politique hexagonal, quand il était aux affaires, n'a mis le sujet sur la table. A commencer par le PS dont se réclame Jean-Jacques Urvoas, lequel PS, rappelons-le quand même, avait tout loisir de le faire sous la présidence Hollande, vu qu'il avait quasiment tous les pouvoirs en main. Et, n’a-t-il pas été à la tête d’un ministère régalien lui-même ? Alors, un peu de sérieux : les élections municipales approchent, le PS est dans les tréfonds, et l'idée de la réunification plaît. Donc, un petite conférence
par ci, par là, pour grappiller des voix, c'est de la compréhensible combinaison politicienne. Mais, s'il vous plaît, Jean-Jacques Urvoas, arrêtez de nous prendre pour plus bêtes que nous sommes.
Fulup Le Du ■


Vos commentaires :
étrange
Mardi 10 decembre 2019
J'ai du mal à comprendre l'acharnement contre des personnages politiques qui ont, malgré tout ce qu'on peut leur reprocher, tenté faire avancer les choses. Urvoas n'a rien d'un jacobin. Il a toujours défendu la Bretagne à 5, ce n'est pas nouveau, les langues régionales et un statut particulier pour la Bretagne. Pourquoi en faire un ennemi alors que ce n'est clairement pas lui le problème?
Est-il intelligent de l'ériger en ennemi sous prétexte que ce qu'il défend n'a pas été réalisé? Urvoas n'est pas le PS et un ministre ne fait pas voter les lois tout seul. Il a tenté de faire voter la ratification de la Charte européenne des langues minoritaires plusieurs fois, à chaque fois torpillé soit par l'Assemblée nationale, soit le Sénat.
Parmi ceux qui critiquent, combien ont suivis les travaux en Commission des lois sur le redécoupage des régions? Sur les langues régionales? Probablement très peu, et très peu peuvent donc juger de ce qu'il a fait.
Paul Molac est un excellent exemple de député qui défend la Bretagne. Faut-il le brûler en place publique sous prétexte que rien ne bouge?
Marc Le Fur a toujours défendu les langues régionales à l'Assemblée nationale, faut-il le traiter d'ennemi sous prétexte que son parti empêche depuis 20 ans la ratification de la charte européenne des langues minoritaires?

Je crois que le "mouvement" breton ferait mieux de se trouver d'autres ennemis, il y en a assez comme ça. Ce n'est pas en insultant tous ceux qui ont échoué à faire avancer les choses que nous avancerons.


fulup le du
Mardi 10 decembre 2019
Réponse à Monsieur Etrange,

Bonjour Monsieur Etrange (c'est votre vrai nom?)

Première chose - et là je fais référence aux dernières lignes de votre courrier - je n'ai insulté personne.
Seconde chose, quand un homme politique a le souci de s'investir réellement pour la Bretagne, il a au moins
la décence de quitter le parti dont il est membre et qui a montré, décennies après décennies, son opposition
larvée à tout évolution (politique, sociale, culturelle, etc) de la-dite Bretagne. Urvoas est toujours au PS, Le Fur chez les Républicains. Certes, ils ont posé certains actes en matière "bretonne". Et ça a donné quoi? Rien. Pourquoi?
Parce que les partis auxquels ils appartiennent, jacobins jusqu'à la moelle, ne veulent pas entendre parler
d'une quelconque évolution. Ceci dit, il est de plus en plus difficile maintenant, y compris pour les jacobins, de critiquer ouvertement toute proposition visant à une quelconque évolution des régions. On laisse donc à quelques personnes le soin d'en faire. Quitte, bien sûr, à les refuser par la suite. Urvoas et Le Fur sont donc les idiots utiles du régionalisme en Bretagne, ou, si vous préférez, les cautions "régionalistes" des jacobins.
Et puisque vous parlez de Paul Molac, je vous précise que ce dernier a eu la délicatesse de quitter LREM.

A galon,

Fulup Le Du


Burban xavier
Mardi 10 decembre 2019
il faut reconnaitre que le parti socialiste est un encore un parti d'élus locaux , c'est pourquoi ils veulent apparaitre comme un mouvement qui résiste après des échecs électoraux récents . "On s'accroche comme on le peut au passé " , il faudrait que les Breton(ne)s soient naifs au point de leur donner leur suffrage ..... après la déconvenue de la réforme territoriale de 2014 , la Bretagne unifiée a trouver sur son chemin quasiment tous les "mammouths du PS" pour la faire échouer (Hollande , Ayrault, Poignant, Branchu , Les maires de Nantes , St Nazaire , Rennes , Brest ect .... faisant des déclarations nuisibles au possible pour maintenir le statu quo comme Le Drian ...

Il ne peuvent pas s'imaginer une Bretagne à 5 car ils sont foncièrement Jacobins !


Brocélbreizh
Mardi 10 decembre 2019
Se sentir obligé de défendre un pays comme la Bretagne dans une nation politique témoigne de l'imperfection démocratique du pouvoir central alors que nos élus de tous bords devraient en faire la promotion dans la monde.

A la différence de Mr Molac,la question essentielle, pour messieurs Urvoas et Le Fur, réside dans la volonté de faire passer la Bretagne avant ou après leur parti politique selon l'opinion des élus ou selon l'orientation du vent.
Choisir la Bretagne et sa liberté ne résident non pas dans un clivage artificiel droite/gauche mais bien en dénonçant une conception centralisée de notre resplendissante monarchie républicaine : Le jacobinisme.
C'est une conception faible, étriquée, singulière, peureuse et méfiante qui freine la démocratie pour préserver une doctrine obsolète ( Paris dominant ainsi des espaces géographiques qu'il affaiblit ).

Le remède est une conception plus appropriée : une Bretagne forte pour une France forte. La réunification administrative ne serait plus un combat mais simplement un devoir d'exigence.


valy daniel
Mardi 10 decembre 2019
Xavier Burban : oui bien sur; tous ces éléphants PS ont fait échoue B5;
mais vous oubliez surtout la nocivité direct du 29 et du 35 anti B5 depuis plusieurs décennies !!
ils comprendrons quand le grand ouest leurs tomberons dessus !

Etrange
Mardi 10 decembre 2019
Cher Monsieur Le Du,

Non, Etrange n'est pas mon nom, c'était plutôt un titre. Je ne vois pas en quoi mon nom apporterait quoi que ce soit puisque je n'ai de responsabilités nulle part mais si vous le souhaitez, je vous l'enverrai par message privé et vous pourrez donc constater que vous n'avez jamais entendu parler de moi, ce qui vous avancera bien.

Vous n'insultez personne mais la charge est tout de même violente. Et, c'est le sens de mon premier message, la charge est complètement démesurée. Mais ce n'est pas la première fois qu'un message de ce ton est publié sur le même personnage et c'est ce qui me fait réagir justement.

Vous souhaiteriez que tous les gens qui s'investissent pour la Bretagne quittent leur parti politique s'ils n'obtiennent pas d'avancées. Ce serait effectivement efficace à court terme (peut-être moins à long terme) mais c'est irréaliste. Ils le feraient si le mouvement breton était en capacité d'être une force politique attractive, ce qu'il ne parvient pas à être, tant du point de vue des élections que des idées. Pour rallier d'autres gens à sa cause, il faut rallier d'autres causes à la sienne et ce n'est pas en fustigeant tout ce qui n'est pas assez "pur" qu'on sera un jour majoritaire.

Je n'ai aucune sympathie particulière pour Urvoas ou Le Fur mais je ne développe pas d'animosité pour eux non plus. Pour ces personnes la Bretagne est quelque chose pour laquelle ils s'engagent sincèrement mais ce n'est pas le combat de leur vie. C'est dommage pour nous mais c'est comme ça, il faut le respecter et accueillir leurs initiatives lorsqu'elles sont sincères, ce dont on ne peut pas douter ici, au lieu de les traiter de vendus, de jacobins et de menteurs. J'ajoute d'ailleurs que je ne vois aucun lien avec les municipales puisque Urvoas n'est candidat nulle part.

Note: M. Molac, qui a tout mon respect, n'a jamais fait partie de LAREM, il faisait parti du groupe parlementaire affilié seulement. Il l'a quitté seulement lorsqu'il a pu constituer un autre groupe avec d'autres députés pour éviter d'être dans un splendide isolement.


fulup le du
Mardi 10 decembre 2019
Cher monsieur Etrange,

C'est sans doute le terme "pur", que vous utilisez dans le corps de votre article, qui m'invite à vous répondre. Je ne sais pas trop dans quel sens vous l'employez, mais si c'est dans une perspective philosophico-spirituelle, effectivement, nous allons avoir du mal à nous comprendre. Notez, d'abord, que je n'ai jamais utilisé ce terme. Ensuite, pour moi, et dans ce que vous appelez ma "charge" envers Urvoas, je ne fais que mettre en lumière, modestement, une forme de
schizophrénie politique doublée d'une hypocrisie - assumée ou non - du parti ou de la formation dont le sus-dit se réclame. Parler d'une Bretagne à 5 alors qu'on n'a rien fait pour la faire avancer lorsqu'on était au pouvoir, pour moi, ça n'a aucun sens. Je précise par ailleurs que je n'ai rien contre Urvoas en tant qu'homme, ni contre Le Fur, avec qui j'ai eu l'occasion d'échanger plusieurs fois. J'en veux, par contre, aux formations auxquelles ils appartiennent, et surtout à ces manoeuvres qui ne disent pas leur nom, consistant à caresser -un peu- les Bretons dans le sens du poil, en leur octroyant des miettes sans jamais avancer sur l'essentiel (la langue, le statut, et justement la réunification). Des manoeuvres sans doute - et malheureusement - suffisamment habiles pour leurrer beaucoup de Bretons qui font
encore confiance, au travers de leurs votes, à ces partis indécrottablement jacobins.
Cordialement,
Fulup Le Du


Anne Merrien
Mardi 10 decembre 2019
Les socialistes bretons étaient dans une situation paradoxale, hégémoniques en Bretagne tout en comptant pour du beurre à Paris : incapables de faire ajouter le tilde pour les prénoms, incapables d'obtenir que les brittophones passent le bac dans les mêmes conditions que les bascophones, incapables de contrer La Poste dans son éradication du c'h et biensûr, incapables de réunifier la Bretagne. Découragés? Trop raisonnables? Occupés ailleurs? Indifférents? Acculturés ?

Fañch Ar Vilin
Mardi 10 decembre 2019
Pourquoi des politiciens comme Urvoas arrêteraient-ils de prendre les Bretons pour des idiots ?
Leur cinéma fonctionne à merveille depuis des décennies et continue à fonctionner contre toute attente.
Voyez encore récemment l’UDB et la Maire de Nantes.
Pourquoi se priver tant que ça marche ?

PJ Cosquer
Mardi 10 decembre 2019
@ Valy Daniel... Ce que vous dites du 29 et du 35 et faux pour le Pays Bigouden... J'ai moi même réalisé une pétition en faveur de la réunification ( sous forme de question et non pas d'affirmation ? Que pensez-vous de... était la formule employée) et le résultat à ce moment là, quelques semaines avant les débats aux parlements, étaient de 63 % de Bigoudens en faveur de la réunification. Il "régnait" un grand mélange dans beaucoup de têtes ( réunification de la Loire Atlantique et de la Bretagne mais aussi réunification ( éh oui) des Pays de Loire et de la Bretagne. Le grand Ouest n'était pas employé...Il fallait tout expliquer B5... Bretagne administrative, Bretagne historique etc...) un beau méli-mélo entretenu peut-être dans les esprits... Cela dit: an disorc'hoù zo bet splann a-walc'h d'am soñj 63 % evit Breizh Unvan. Pas re fall keta? Diwall diouzh ar gomzoù toull neuze!

Burban xavier
Mardi 10 decembre 2019
Graus (possubl) eo da adunvanin Breizh adarre , hogen rac'h(toud) an dud a dle da zifenn hon sevenadur , hon sonjou evit dont da benn an daol -se . Enebourien a zo enep Breizh a zo stank e-touesk ar rank bolitik ez -wir . Met dreistoll , ret eo da c'henderc'hel hon kad gant sioul ha virout e-barzh hon ene ar spi da drec'hin ar galon d'ar Vretoned !

Arabad koll fizians !


CDH
Mardi 10 decembre 2019
Puisque vous dénoncez l'écart entre les paroles et les actes, je vous suggère de demander à l'avocat (personnalité bien connue du mouvement breton) qui était chargé, en 2004, du dépôt d'un recours contre le découpage régional devant le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU (cf. (voir ABP 883)) pourquoi il refuse de communiquer les courriers que le Comité lui a envoyés, ce qui empêche de savoir si le refus d'enregistrement du recours par le Comité était motivé par une raison de fond ou par une raison de forme (corrigeable, même aujourd'hui)?

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