Distro skol en Bretagne, où va-t-on ?

Chronique publié le 5/11/19 14:42 dans Langues de Bretagne par Yvon Ollivier pour Yvon Ollivier

Distro-skol 2019 en Bretagne !


L'Ofis ar Brezhoneg l'écrit : " Il s'agit de la croissance la plus faible de l'histoire de l'enseignement bilingue. " Mais, peut-on encore parler de "croissance" quand on constate :


  • Que sur les 553 élèves comptabilisés en plus, 289 le sont dans les filières nouvelles et qu'il en résulte :

  • Que le nombre d'élèves est en baisse dans plus de 50 % des villes et communes comptant une ou plusieurs filières immersives ou semi­ immersives depuis plus de 6 ans.

  • Que pour l'ensemble des trois DI, le nombre d'élèves dans les classes maternelles comme dans les lycées est en baisse.

  • Que seulement 40 % des élèves du primaire poursuivent leurs études en bilingue dans les collèges (avec très généralement une seule matière en breton en plus de la langue). Que seulement 35% des collégiens poursuivent leurs études dans un lycée dit bilingue.

    Ce qui fait que seulement 13 % des élèves du primaire poursuivent des études bilingues jusqu'au Bac et qu'ils sont moins de 200 à le passer chaque année.

  • Que le nombre d'élèves stagne dans l'enseignement catholique depuis plusieurs années et qu'il est en baisse à Diwan pour la première fois !

    Alors qu'en Alsace en Corse ou au Pays Basque nord, l'enseignement bilingue et autres est en pleine croissance et 10 ou 20 fois supérieur à nous !

Il y a des raisons à cette situation catastrophique et sans une nouvelle politique ambitieuse au niveau de la Région, une nouvelle vision tournée vers l'avenir, avec la prise en compte du multilinguisme dès la maternelle comme partout ailleurs et comme le faisait Dihun-Breizh avant sa mort avec un grand succès pour le breton et la mise en place d'un vaste plan de formation des enseignants et de licences enseignement bi et tri lingue dans toutes les universités, il n'y aura pas d'avenir pour nos langues et notre culture.

Texte publié par Breizh ImPacte ■


Vos commentaires :
Iffig Cochevelou
Mercredi 20 novembre 2019
Je regrette que tu aies manqué le colloque de Rennes, ce qui t'aurait permis une meilleure vision de la situation actuelle : la situation en Corse n'est pas si exceptionnelle que tu peux l'imaginer malgré une majorité nationaliste, et en ce qui concerne le Pays Basque Nord , il est bien difficile de comparer sa situation à celle de la Bretagne . Par contre , tant que l'évolution de l'enseignement de la langue dépendra uniquement d'une volonté étatique, je ne vois pas d'énormes évolutions possible . Il est évident que des moyens plus importants par la région au niveau terrain permettrait certainement une amélioration pour le passage entre les différents niveaux.

Andrea Herve
Mercredi 20 novembre 2019
Vous avez bien raison avec cette analyse de contrer la propagande de l’Ofis, devenue insupportable, à toujours manipuler ses chiffres pour les présenter sous un angle positif. C’est devenu de vulgaires politicards, ayant renoncé à défendre les demandes du terrain, préférant défendre quoi qu’il en coûte leur gourou vice-présidente à la région.

yvon ollivier
Mercredi 20 novembre 2019
Yffig, ce document est le communiqué de Breizh impact auquel j'adhère bien sûr. je pense qu'il faut avant tout arrêter de se défausser sur l'Etat, c'est tellement facile et cela permet d'occulter la responsabilité politique et historique de nos élus à la région. Tout n'est qu'affaire de volonté politique. les choix n'ont pas été les bons, le résultat est catastrophique et l'on nous dit que tout va bien. On ment aux Bretons et ça c'est inadmissible, on les prend pour des idiots alors que leur langue est condamnée avec des politiques aussi insignifiantes. C'est à la région de faire de la politique linguistique la priorité politique et de mettre le poids politique nécessaire pour faire évoluer les choses et l'Etat. ..Je n'ai jamais entendu ce pouvoir régional annoncer clairement comme objectif la généralisation de l'enseignement à tous nos enfants. c'est cet objectif là qu'il faut poursuivre. S'ils ne sont pas capables de faire bouger enfin les choses , et bien qu'ils démissionnent !!! moi c'est ce que je leur demande. On ne peut plus rester dans une telle situation d'échec et de maintenir des pratiques dont l'échec est avéré depuis déjà longtemps..

Rafig
Mercredi 20 novembre 2019
C'est facile à comprendre : La région bretagne n'a rien à voir avec la Bretagne donc c'est normal qu'elle ne fasse pas plus qu'une autre région de la République française.

Naon-e-dad
Mercredi 20 novembre 2019
Globalement, et indépendamment des freins politiques et/ou administratifs, il existe deux manières de concevoir l'enseignement du breton. Ces deux façons ont un impact sur l'attractivité auprès des familles.

. première approche. Enseignement strictement bilingue breton/français (ou l’inverse, comme on voudra !). Du breton et du français, à parité horaire, de la maternelle au collège, et plus si affinités… Certaines matières sont donc enseignées en breton.

Cette approche, plus ancienne, est celle soutenue par l’Ofis ar Brezhoneg / Office de la langue bretonne.

. deuxième approche .Enseignement multilingue – comprendre breton /anglais/français – selon la méthode du linguiste catalan Artigal (voir article Voir le site

Cette approche, plus récente, a été introduite en Bretagne par Yannig Baron (filière Dihun) qui reste convaincu qu’elle est la clé du succès pour faire passer l’enseignement du breton à la vitesse supérieure, et cela non seulement pour sa valeur technique ou pédagogique, mais tout autant pour son impact en terme d’attractivité. L’anglais, en effet rassure les familles hésitantes.

Il est important de comprendre que le multilinguisme (breton/anglais/français, dans le cas de la Bretagne), pratiqué dans les toutes premières années – dès la maternelle donc -, n’occasionne pas de surcharge mentale, l’enfant se promenant dans trois jardins linguistiques différents qu’il identifie facilement.

Il est important aussi de comprendre, concernant l’apprentissage de l’écriture –la question peut légitimement affleurer - que l’on n’apprend pas trois fois à écrire : ces langues utilisent le même alphabet latin, commun aux langues européennes. L’essentiel du travail d’apprentissage (transcrire une langue à l’écrit) est donc généralisable et transposable à chacune des langues, les spécificités de chaque langue éveillant alors, très tôt, la conscience à la complexité et à la diversité de la réalité humaine.

Le cas de Diwan, filière «immersive» 100% breton (dans sa philosophie), est probablement un peu différent dans son approche. Bien que, dans le secondaire, l’on y pratique aussi l’anglais, et d’autres langues encore. Je ne crois pas exagérer en disant que les élèves Diwan peuvent être considérés comme des «surdoués », sur le plan des langues étrangères (comparativement au niveau hexagonal, lequel est très moyen comme on le sait).

Mod pe vod eo dav reiñ ur chans d’ar brezhoneg, ken brav eo hon yezh. Lemmoc’h e vo spered hon skolidi, skolajidi, liseidi…


Fulup Jakez
Mercredi 20 novembre 2019
Comme à son habitude Yvon Ollivier écrit à charge et ne s'embarrasse pas de la vérité des faits. Sans nier les problèmes et les freins au développement de l'enseignement du breton il est absolument faux d'écrire que le nombre des élèves en maternelle est en baisse cette année. En fait il y a très exactement 212 élèves supplémentaires en maternelle par rapport à l'année précédente, ce qui correspond à un peu plus de 38% de la croissance nette en cette rentrée scolaire. Il est également absolument faux d'affirmer que seuls 40% des élèves du primaire continuent leur scolarité au collège. En fait ce taux est de 60% depuis plusieurs années. Yvon Ollivier proteste contre la politique de la Région Bretagne mais c'est justement cette politique qui permet qu'aujourd'hui le nombre d'élèves bilingues continue d'augmenter au lieu de stagner voire de diminuer. En effet depuis la signature de la convention Etat-Région en 2015, la croissance de l'enseignement public bilingue a doublé et se situe entre 6 et 7 % chaque année. Le problème c'est les deux autres réseaux qui ne progresse plus et là-dessus la Région a quand même beaucoup moins de leviers. Enfin il est temps de dire les choses concernant cette propagande insupportable sur l'enseignement de l'anglais par Dihun et ses soit-disant succés. Ce que faisait Dihun en fait c'était utiliser des fonds d'argent publics qui auraient dû être consacrés à la langue bretonne pour en fait payer des professeurs d'anglais. Le résultats des évaluations des élèves bilingues montraient clairement que c'est dans le réseau catholique que le niveau de breton était le plus faible (il l'est toujours d'ailleurs). Et à l'intérieur du réseau catholique c'était bien dans le Morbihan là où cette "méthode" était la plus diffusée que la situation était la plus catastrophique pour le breton. Donc l'anglais n'a jamais permis de faire progresser le niveau de breton des élèves. Au contraire c'est bien là où les enfants ont le meilleur niveau de breton en primaire (dans les écoles immersives), qu'ils acquièrent ensuite un meilleur niveau d'anglais au collège et au lycée. Je ne pense pas que ce genre d'articles caricaturaux servent la cause de l'enseignement du breton mais là n'est sans doute pas leur objectif. Fulup Jakez, directeur le de l'OPLB

Iffig Cochevelou
Mercredi 20 novembre 2019
Yvon, on peut tourner en rond longtemps comme cela. La majorité des membres du CR B4 n'en a strictement rien à foutre de ces considérations. Le peu que l'on a obtenu est uniquement le fait de quelques irréductibles, c'est tout, il ne faut pas se voiler la face : alors essayons de réussir à obtenir un minimum de pouvoir , mais cela je ne le vois pas venir. Je voulais revenir sur le trilinguisme : pour moi c'est un piège , il ne faut pas que les parents s'engagent pour la langue bretonne uniquement pour l'anglais, sinon c'est la fin à terme d'un enseignement de notre langue, de toute façon les enfants seront amenés par obligation à apprendre l'anglais d'une façon ou d'une autre. .

Jacques
Mercredi 20 novembre 2019
L'Alsace et le Pays Basque Français bénéficient de la proximité de la frontière.

Les Corses ont leurs difficultés, principalement l'absence d'une structure équivalente à Diwan.

La Bretagne dispose d'une chance phénoménale avec DIWAN, mais c'est une structure qui nécessite une grand engagement des parents dans une société Républicaine où l'assistance étatique est la règle principale. C'est à dire, que le potentiel pour trouver des parents capables de s'engager à ce niveau est relativement réduit.

De plus, la communication sur les biens faits de l'enseignement immersif est relativement confidentiel : l'intérêt de parler sa propre langue, la capacité à apprendre les autres langues mais aussi pour les sciences et la technique...

Vous voulez que vos enfants parlent réellement Anglais..?
Simple, inscrivez les à DIWAN...!

(Pour mémoire : il existe un débat pour officiellement présentez Diwan comme trilingue : Breton, Anglais, Français... comme étant l'objectif minimal linguistique à acquérir par un enfant breton)

Il y a plusieurs raisons à cela... la première est la nébulosité du mouvement breton et son incapacité à s'exprimer vers les citoyens de manière audible et crédible. Une autre est la volonté de ne pas ''agresser'' ou être perçu par l'état comme une ''menace'' au système éducatif Républicain...
(pour mémoire, une part majeur du financement dont le salaire des professeurs provient de l'état).

Combien de reportages, d'articles, de communication pour présenter DIWAN et ses enseignants?

Diwan reste pour la majorité des Bretons, soit un mythe, soit une image d’Épinal, mais relativement peu une solution envisageable sérieusement pour ses enfants... Et pourtant, la qualité de cet enseignement est tellement supérieure au système français qu'il faut être étrangement câblé pour en priver ses enfants dès le moment où ces qualités sont effectivement connues.

Qui peut croire que des parents, en pleine connaissance puissent refuser à leurs enfants un enseignement aussi bénéfique que celui que propose DIWAN?

DIWAN, c'est la qualité d'une école privée pour riches privilégiés mais ACCESSIBLE à TOUS et GRATUITE... C'est un vrai projet fédératif pour l'avenir de l'enseignement en Bretagne.
Et pourtant, les parents ne se précipitent pas...

Quand est-ce que le mouvement breton va enfin se saisir de cette situation incroyable?


yvon ollivier
Mercredi 20 novembre 2019
Fulup Jakez, il faut éviter de personnaliser les choses. Il s'agit ici du communiqué de Breizh impacte et j'y adhère bien sûr puisque je fais partie de cette structure. On peut triturer les chiffres dans tous les sens, mais il y a certaines choses qui me semblent essentielles :
-1, je n'ai pas entendu le pouvoir régional affirmer une volonté politique forte et claire sur la généralisation de l'enseignement de nos langues. ce devrait être pourtant l'objectif.
-2,la situation actuelle est un échec depuis une bonne quinzaine d'années, avec seulement 3% d'enfants scolarisés, si bien sûr, on souhaite sauver la langue. il suffit de regarder par rapport aux basque du nord ( plus de 50% d'enfants scolarisés en langue basque) qui évoluent dans le même système juridique français, même si l'Etat a pu leur laisser quelques concessions.
-3, Il faut s'interroger sur cet échec et je n'ai pas l'impression du tout que ce soit le cas, alors que la sagesse commanderait d'affronter ce problème. Mais à chaque fois, les institutions communiquent de la manière la plus avantageuse pour elle. Et là, on trompe les Bretons qui pensent pour la plupart que tout n'est pas si mal.
-4, On peut comprendre que les avis divergent sur la méthode éducative, (bilinguisme, multilinguisme). Ce dont je suis certain, c'est qu'il faut s'appuyer sur ce qui marche ailleurs, et ailleurs ce serait plutôt le multilinguisme qui fonctionne.. Mais surtout, on expérimente!!! et on regarde, on analyse surtout lorsque nous sommes en situation d'échec. Bref, il faut savoir être modeste et ne pas se fermer des portes par principe.
-5 pour finir, il est humain de défendre sa politique, ou son pré-carré et je peux comprendre que l'office de la langue bretonne voit mal une remise en question frontale de sa politique. Mais confronté à l'échec d'une politique publique, il est de bon sens de procéder à ce que l'on appelle une évaluation de cette politique publique par un organisme extérieur et habilité. Il y a des gens dont c'est le métier. Bref un regard extérieur, c'est ce que Breizh impacte avait proposé à la région il y a de cela deux ou trois ans. La réponse a été non.
6 pour ce qui est de l'objectif personnel que je recherche, je ne chercherai pas à vous convaincre que je n'ai aucun intérêt personnel là de-dans. Ma seule légitimité est d'être breton, donc concerné, et de protester lorsque je vois qu'une politique aussi importante pour notre devenir collectif va dans le mur.

yvon ollivier
Mercredi 20 novembre 2019
Puisque pour une fois, il est possible de débattre de la politique linguistique, Breizh impacte tient à apporter les précisions suivantes pour faire suite au propos ci-dessus de Fulup Jakez,et ce à partir des chiffres communiqués par l'ofis
A) L'ofis dit qu'il y a plus 212 élèves dans les maternelles et aussi qu'il y en a 289 dans les 17 nouvelles filières créées cette année et toutes en maternelle, c'est donc bien qu'il y en a 77 en moins dans les autres plus anciennes comme il a été dit
B) S'il y a 7 429 élèves dans les maternelles, 8162 dans le primaire et seulement 2649 dans les collèges et 650 dans les lycées. Alors où sont passés les autres ? On comprend mal. Si 60% des enfants entraient au collège nous aurions plus de 4 000 élèves au collège!!!!
C) Sur quoi se base l'ofis pour prétendre que le niveau de breton des Morbihannais aurait été plus faible que celle des autres départements ? A-t-on une étude scientifique pour l'affirmer ? Par ailleurs prétendre que l'argent de la Région était détourné pour l'anglais est une erreur. Tout était parfaitement clair. D'ailleurs l'argent donné à Diwan ne sert pas qu'à apprendre le breton

Andrea Herve
Mercredi 20 novembre 2019
Pourquoi les professionnels du breton refusent toute critique, même constructive? Sans doute parce que dire que le breton ne va pas bien, ce serait pour eux un aveu d'échec de leur engagement personnel. Mais le plus important n'est-il pas le destin de notre langue, plutôt que ces destins personnels?

Naon-e-dad
Mercredi 20 novembre 2019
L'adresse de l'article du journal Sud-Ouest est valide (je viens de vérifier 2019/11/06 en soirée. actuellement code-retour 404 dans commentaire précédemment publié)

Voir le site

Cet article, clair et simple, paru il y a quelques années dans le quotidien Sud-Ouest, est intéressant, non pas sur le débat pour ou contre l'anglais dès l'entrée en bilingue (de toute façon, l'anglais arrivera plus tard), mais pour l'exposé des observations pédagogiques de M. Artigal.

A galon ganeoc'h holl


Jacques
Mercredi 20 novembre 2019
@ Iffig Cochevelou
''Je voulais revenir sur le trilinguisme : pour moi c'est un piège....''

Permettez moi de porter une autre vision.
J'ai souvent entendu ce discours sur ''le risque de voir les parents mettre les enfants à DIWAN pour apprendre l'Anglais''...

Je pense que nous avons là, l'un des trait du mouvement breton dans sa difficulté à inscrire la langue bretonne et d'une manière globale la Bretagne dans sa légitimité (hors de la notion de folklore régional).

Dans tous les pays du monde, on apprend l'anglais a des degrés diverses allant jusqu'à un bilinguisme poussé à l'image des pays nordiques et je n'ai jamais entendu un équivalent au discours breton.

Le fait est que DIWAN est de loin le meilleur moyen d'apprendre la langue bretonne (je ne critique pas les écoles bilingues, j'énonce une réalité connue de tous). Et justement, c'est cette maîtrise de la langue bretonne qui facilite l'enseignement de l'anglais (et même du français). J'ai échangé sur ce point avec de nombreux enseignants, pour eux la chose est limpide.

=>Donc la parfaite maîtrise du breton est une condition première à une maîtrise réelle de l'anglais...

Sauf si bien entendu on souhaite limiter cette connaissance à un baragouinage exécrable dont les français se sont fait un trait de leur identité.

L'autre point est que partout où je me déplace en Europe/dans le monde, les gens sont particulièrement fiers de parler leur langue même et surtout quand elle n'est pas officielle ou du moins d'un usage moindre au sein de leur Etat-Nation (je ne donne pas d'exemple, c'est une quasi généralité). Pour les gens (dans le monde), connaitre et parler sa langue veut dire que l'on existe, que l'on a une identité, c'est aussi s'inscrire dans la diversité mondiale.

Nous les Bretons avons une attitude totalement inversée... La langue bretonne se servirait à rien dans un contexte d'ouverture au monde...

Or de mon expérience de vie, pour être réellement ''ouvert sur le monde'' il faut 3 éléments indispensables :
1) être en capacité de s'exprimer avec les autres peuples, c'est là qu'une parfaite maîtrise de l'anglais est incontournable...

2) être capable de se présenter comme un membre de cette communauté mondiale, c'est à dire d'avoir sa place en démontrant la spécificité que l'on apporte à l'édifice global, c'est là que la maîtrise du breton est incontournable (combien de personnes rencontrées j'ai déçus en suscitant l'incompréhension parce qu'en tant que breton/celte, je devais avouer que je ne connaissais pas ma langue... une langue ancienne qui remonte profondes origines de l'Europe... En clair : je ne tenais pas mon rang)

3) est décrit plus loin..

Bien sûr, ne pas connaître sa langue et baragouiner tristement l'anglais suffit si on veut apparaître comme un extra-terrestre aux yeux du monde en se persuadant que pour avoir une relation de qualité avec ce "monde'', il suffit... : de s'afficher ''progressiste'', de lire les communiqués AFP recopiés par les médias français et de voyager grâce à Club-Med... (en gros, se comporter comme des Français moyens issus d'une région périphérique).

De plus une parfaite maîtrise de l'anglais permet une réelle ouverture aux autres pays celtes (dont c'est la langue première d'usage), mais aussi au monde présenté comme anglo-saxon... qui pour beaucoup emprunte à la culture et à l'identité bretonne (et oui, avant d'être l'Angleterre, c'était la Bretagne... et c'est d'ailleurs toujours la Grande-Bretagne).

Je considère que les futurs bretons continentaux doivent maîtriser parfaitement leur langue (le breton, ou gallo), l'anglais (langue international et première dans les pays celtes), le français car c'est notre réalité présente mais aussi une langue internationale.

Si à ces 3 langues parfaitement maîtrisés, nous rajoutons une 4ème (ce qui sera simple) cela donne aux Bretons une dimension internationale que les Français sont incapables de rivaliser.

Ceci dit : Les jeunes sortant de Diwan sont déjà très appréciés pour leur maîtrise de l'anglais... et pour ce que j'en sais, c'est un facteur important d'expatriation... preuve de l'échec actuel (mais peu en parle, c'est tabou). Pour moi, la racine de cet échec tient à la 3ème variable indispensable : l'enseignement culturel/identitaire (actuellement absent où à peine sous-poudré, suffit d'évoquer Halloween à nos élèves de terminal pour comprendre...)...

Et oui, on ne peut faire des Bretons uniquement par la langue et le biniou/festnoz, en limitant comme nous le faisons la transmission de l'enseignement de l'histoire et des traditions (la Bretagne étant une ancienne nation européenne et non une simple région de France). Sur cette enseignement, il est clair que nos écoles sont très éloignées des standards connus hors des frontières de la République, par notre ignorance de nous-même nous ne tenons pas notre rang au sein des peuples/nations de ce monde.

Cet enseignement vient donc en complément incontournable de la maîtrise des 2 autres langues bretonne et anglaise. Et c'est à cette condition que nous aurons enfin des Bretons et un avenir pour notre pays.

Le plus étrange, c'est qu'il ne faut pas grand chose à l'enseignement DIWAN pour atteindre cette dimension : un peu de ''faire savoir'' et un peu d'ambition à l'égal des autres peuples de ce monde (le fameux ''tenir notre rang'')...

Faudrait vraiment être à l'ouest pour ne pas offrir à ses enfants un tel enseignement ''à la bretonne''!

J'espère que ma vision aura apporté de l'eau à ce débat.


Youenn Pibot
Mercredi 20 novembre 2019
Bonsoir

A mon tour d'apporter un _bref_ éclairage.

Sympatisant sincère et défenseur convaincu de la cause bretonne dans son ensemble, j'ai toujours voulu inscrire la langue bretonne dans ma vie .

Aujourd'hui, le constat est quelque peu amer.

De mon cas personnel, je dirai simplement qu'entre cours du soir, et cours à distance... le résultat est que je ne pratique pas la langue faute... d'interlocuteur. Ce n'est qu'au DAB que je peux choisir de faire mes opérations en breton.
Et une langue qu'on ne pratique pas, se perd.
Alors oui, j'aimerais pouvoir aller à la Mairie de mon petit village, et être ne serait-ce qu'accueilli en breton. J'aimerais pouvoir appeler les services publics et être accueilli en breton. Pour avoir travaillé longtemps dans les standards téléphoniques, je peux vous assurer qu'il est très rare d'avoir ne serait-ce qu'un message de répondeur téléphonique en breton dans les mairies par exemple; pourtant le coût de ces prestations (création du texte en breton) est dérisoire (de l'ordre de 100€); J'ai même été amené à le faire personnellement pour le Parc d'Armorique alors que cela ne relevait pas de ma fonction ....
Pour le coup... oui... il s'agit d'un manque évident de volonté politique. La langue bretonne est alors un alibi électoral...

Une petite précision: j'ai eu des profs nullissimes en anglais durant tte ma scolarité; pourtant je suis, sinon fluent, au moins tout à fait à l'aise en anglais (je l'ai pratiqué comme langue de travail pendant qques années).
Donc ce n'est pas une question d'enseignement... mais de pratique.

Parlons un peu de mes enfants...
A mon retour en Bretagne (à Nantes), nous avons scolarisés nos enfants (ils avaient alors 2-3 ans) en filière bilingue). Ils ont tous les deux suivis le cursus complet maternelle-primaire...
Bilan: aucun des deux ne parle breton; c'est-à-dire qu'aucun des deux n'est capable de suivre une conversation en breton, d'avoir un dialogue avec un bretonnant (durée maximale d'1-2 minutes, après quoi le dialogue s'éteint). Expérience faite avec une locutrice (bretonnante de naissance) près de Tréguier pendant des vacances d'été.
Pour le coup, on ne peut pas vraiment s'en prendre à une volonté politique; il y a clairement un problème de méthode....

Noz vat deoc'h

Youenn


Yannig Baron
Mercredi 20 novembre 2019
Les premiers à introduire l'anglais dans l'enseignement et dès la maternelle suivant une méthode adaptée aux enfants bilingues furent les catalans... Les second furent les ikastolas du Pays Basque Sud, il y a 30 ans. Aujourd'hui ceux-ci comptent 233 000 locuteurs basques en plus, essentiellement des jeunes. Quand, Jean Pierre Thomin était responsable de la politique linguiste à la Région et que l'association DIHUN-Breizh en faisait de même avec l'aide officielle de la Région, en relation étroite avec les basques et les catalans, les filières bilingues de l'enseignement catholique avaient rattrapé l'enseignement public au point de vue nombre.

Pour ce qui est de la qualité de l'enseignement je rappelle que, du coup, 95 % des élèves de CM2 poursuivaient leurs études en 6e et que les classes du collège étaient pleines. Les élèves n'avait plus de cours d'anglais mais une matière dans cette langue dès la 6e. Quand au breton ils avaient de 10 à 12 heures chaque semaine. Un record en Bretagne.. Les résultats scolaires comparés furent étudiés scientifiquement par des spécialistes comme Gilbert DALGALIAN et étaient excellents.

Depuis que la Région et l'enseignement catholique de cette époque ont cassé cette dynamique, on voit le résultat. Le nombre des élèves du collège concerné est passé de 85 à 45. L'école de Theix qui avait inauguré ce processus est passé de 185 à 95 élèves... C'est le cas de bien d'autres qui ont
même fermé.

Qui peut croire que le breton en sort vainqueur? Les Ikastolas du Pays Basque sud qui avait co-produit le matériel pédagogique avec Dihun et l'aide de l'Europe et obtenu les premiers prix pour lui tant à Paris qu'à Londres seraient des imbéciles? Les élèves seraient moins bons avec 30 minutes d'anglais par jour adaptées à leur compétence alors que maintenant cela est fait n'importe comment?

Pour ma part j'ai rencontré au moins quatre directeurs d'école Diwan qui m'ont dit que si Diwan avait accepté de faire comme les ikastolas, ses éleves seraient deux fois plus nombreux aujourd'hui.

je rappelle aussi que le 14 mai 2011 la Conseil Culturel de Bretagne, après une année de travail regroupant toutes les associations d'enseignement du breton sous la présidence de Jean Pierre ANGOUJARD, professeur à l'université de Nantes, avait voté ce projet par 44 voix pour et 8 abstentions. Pourquoi donc la Région l'a-t-elle enterré ?

Tant que les quelques personnes qui en Bretagne décident de tout pour tous ne voudront pas comprendre que le monde a changé, les langues de Bretagne n'auront aucun avenir possible. Que les élèves viennent dans nos écoles pour le breton, le gallo, le bilinguisme, le trilinguisme, la nourriture bio, la proximité, car leur voisin y va ou que la directeur est sympa... quelle importance ? N'est ce pas le résultat qui compte ?

Yannig BARON annig


Laer-nozh
Mercredi 20 novembre 2019
Toute cette agitation, venant d’un peu partout me déroute, mais un peu seulement. Les décennies passant avec leurs péripéties politiques successives et invariables ; et je me dis qu’un nouveau printemps de campagne électorale en hiver (comme le singe) se lève. Et retombera à la même place comme d’habitude. Aux mêmes places.

Je retiens davantage le dernier commentaire, de Youenn Pibot qui ne comporte pas les éternels vœux pieux qui semblent appeler dans une attente « mystique »,donc naïve, à une résolution miraculeuse mais qui ne pourrait se réaliser, se matérialiser que par la volonté (la grâce ?) d’un étranger proche ? C’est-à-dire de… Paris !

Diwan ! Des professionnels ? Devenir des professionnels c’est exercer une profession réglementée, rémunérée qui permet d’organiser sa vie financière, sociale et familiale etc ! C’est se soumettre, à un système ou patron et entreprise ; à celui qui règlemente, impose, organise et dont dépend le salaire !
L’acceptation des conditions de l’employeur ne permet plus (en général) un engagement fondamentalement contraire à cette organisation. Les ailes des aigles sont rognées, le faucon est encapuchonné, l’un tend ses ailes à la taille, l’autre le cou pour l’aveuglement !

Ce qui change la nature, les objectifs, l’intensité et l’efficacité de «l’engagement militant » de l’Homme libre, d’un peuple libre. Continuer à le clamer par celui qui est mis en situation de se penser dans des contradictions au travers desquelles il finit rapidement par ne plus jouer qu’une comédie de militant, ne doit pas duper. Bien entendu les prétendues stratégies de perdants, les prétextes, les finasseries intellectuelles n’y changeront rien.

Ce marché de dupes se perpétue d’autant plus facilement mais toujours inefficace pour le véritable combat, lorsque ses principes militants affaiblis sont sous la perfusion de parents ayant des motivations, et intérêts satisfaits par ce qui est en place, et que le système employeur n’est pas vraiment remis en question par le couple professionnels/parents-familles.
Lorsque son patron est le Diable, quelle que soit la longueur du manche de la fourchette celle-ci n’a plus aucune importance, elle n’offre aucune sécurité. À un moment la dimension dudit manche devient telle qu’il est difficile de piquer ce qui serait nécessaire ? Impossible donc de se nourrir convenablement.
Accepter un contrat avec le diable c’est dîner avec lui, à ses conditions ! Il n’y a plus de combat que servitude etn parfois servilités. Les décennies de ce casse-croûte diabolique, n’auront eu aucun effet positif sur la situation globale des Bretons, donc de la Bretagne. Le peuple qui ne biberonne plus à sa source depuis longtemps, ne leur est plus d’un grand soutient
Les professionnels n’ignorent pas le dilemme, ne peuvent l’ignorer, et plus de trente années d’acceptation, les disqualifient chaque jour un peu plus. Et le temps c’est ce qui nous le plus, de plus en plus.

Je me demande si la langue bretonne avec les modes de défense choisis, n’est pas devenue l’artifice qui fait oublier tout le reste. Le petit cheval de bois des élections ! Sur lequel l’on se balance un moment.

Notamment le torero qui tient l’épée de la mise à mort dans une main et dans l’autre , la fourchette au très long manche offerte! À tous!


Jacques
Mercredi 20 novembre 2019
@ Yannig Baron

Votre expérience est à mieux faire connaître et à valoriser,

Le problème c'est que le mouvement breton évoque en permanence la ''défense de la langue'' en occultant (volontairement ou pas, c'est un autre débat) l'objectif et les ambitions (souvent sous le couvert de ne pas provoquer l'état jacobin dont l'enseignement est l'un des piliers de son idéologie d'état-nation depuis Jean-Jaurès et la création de l'EN...).

=>Réaliser l'enseignement d'une matière en anglais (hors du cours d'anglais) EXISTE actuellement à DIWAN (collège et lycée).

=>Mais qui en a entendu parler??? (même chez les parents d'élèves, en tout cas le mouvement breton ne s'en fait JAMAIS l'écho...)

Autre point à soulever, il existe chez DIWAN une crainte à ne pouvoir recruter des professeurs d'une qualité pédagogique et d'une implication volontaire de niveau égal à l'existant. En clair, comment gérer une croissance sans s'affaisser qualitativement. En effet, nombre de professeurs d'anglais sont natifs (c'est à dire que l'anglais est leur langue de naissance). Or des professeurs de langues maternelles disposent d'un usage de la langue qui correspond au besoin des jeunes, ce qui est difficilement le cas avec un professeur ayant appris l'anglais de manière exclusivement académique à l'école/université ou le breton en formation accélérée d'un 1 an.

Car enseigner une langue n'est en rien comparable à enseigner une science, ce n'est pas une matière académique, c'est une matière vivante et sociale.

Une autre préoccupation propre à DIWAN, est le fait que gérer un réseau sur la base de parents d'élèves bénévoles atteint probablement sa limite (surtout quand la part principale de l'important effort fourni par les parents est focalisé sur la recherche de financement et la mobilisation face aux freins étatiques auquel s'ajoute le double langage des élus bretons).

De plus, les interlocuteurs privilégiés (et appréciés) sur ces sujets d'enseignement sont les élus jacobins et notamment les élus socialistes (le PS français malgré son jacobinisme structurel, est le vrai et unique parti politique du mouvement breton avec son pis-aller EELV).

Les milliers de Bretons (les parents d'élèves, les participants aux associations), pour ne parler que du culturel, ne représentent aucun poids politique (cette population est un ''marché'' mou/captif et capté).

Or Catalans comme Basques ne misent pas sur le Parti Populaire ou les Socialistes Espagnols pour faire avancer les dossiers dans leurs pays respectifs, du fait leur dynamique d'esprit est bien différente.


pj cosquer
Mercredi 20 novembre 2019
Il ne me semble pas raisonnable de comparer la lange Bretonne avec l'Anglais...La langue bretonne possède un problème de taille et c'est l'abandon de la langue par nos parents... NOS PARENTS... et non pas par nos grands-parents... Plus de la moitié, jusqu' à pratiquement 60% d'entre-eux d'une manière quasi "politique"ont abandonné la langue bretonne... à peine 17 % de leurs enfants ( personnes nées vers les années 50 jusqu'aux années 70) sont en capacité de l'utiliser en tant que langue de naissance et de rivaliser de compétences avec les jeunes Anglais qui enseignent leur langue... Et les plus jeunes de cette génération ayant les mêmes compétences seraient âgé de 50-55 ans déjà...Donc plus disponibles probablement... Les professeurs font ce qu'ils peuvent; certains sont bons et d'autres moins...
Mais d'une manière bien plus grave est le problème de l'attention portée à la langue bretonne...D'un point de vu politique elle est quasiment nulle quand on connaît ce qui s'est passé pour éradiquer les langues en France et c'est là que se trouve le scandale politique...Comment supporter chez les élus les attitudes passéistes sur la langue bretonne en sachant que nos parents ont eu à subir un chantage social organisé par le monde politique français mais aussi breton... Comment lier l'attitude parentale et plus largement celle de la famille avec la pratique efficace de la langue bretonne chez les enfants? Comment à l'intérieur de la sphère bretonnante étouffer définitivement la diglossie qui perdure entre les anciens et le breton standard? Comment convaincre les 50 70 ans qu'il est absolument indispensable qu'ils fassent leur travail de parents; non plus celui d'élever leurs enfants en langue Bretonne , c'est un peu tard si cela n'a pas été fait mais bien plus d'adopter une position claire et nette de soutien à la langue bretonne; Message que recevraient tout naturellement les enfants et les jeunes qui ont besoins de leurs aînés comme chacun sait... Sans les, aînés où sont les repères? Pouvoir délivrer des messages se traduisant par des actes concrets: la prise de position en public en faveur de la langue bretonne, l'interpellation des élus, les "votes bretons" pour une fois cela nous changerait, mais aussi la capacité à sortir du temps passé qui ne reviendra pas et par opposition celle de songer à l'avenir de la Bretagne et de ce que représente une langue... Apprendre le breton en tant qu'outil de développement intellectuel (même si cela est vrai ) par rapport à l'anglais me semble être la plus mauvaise raison qui soit... On peut comprendre la stratégie vu l'urgence pour attirer des parents. Mais il me semble bien plus opportun de mettre en avant la réalité d'aujourd'hui et son monde d'uniformisation absolue... engagée sur le colonialisme et transformée habilement en développement puis aujourd'hui en développement durable...ces beaux concepts nous font tout accepter? Oui? Alors pourquoi vouloir parler notre langue? Je crois qu'il serait temps de dire aussi qu'une langue est une richesse en soi qui participe à l'intelligence de l'humanité celle-là même qui, si on la laisse s'exprimer dans SES LANGUES, multipliera d'autant les chances de sortir de l'uniformisation aliénante qui étouffe chacun d'entre-nous un peu plus chaque jour... Il est peut-être aussi temps de demander des comptes à toutes les entreprises bretonnes qui améliorent leur chiffre d'affaire sur le dos de l'identité bretonne...Combien d'entre-elles aident la langue bretonne?

Milena Krebs
Mercredi 20 novembre 2019
Arrêtons de rêver à la situation corse, s'il vous plaît. Seule l'immersion peut garantir des enfants bretonnants actifs. Deux heures par semaine, c'est politiquement correct, séduisant, mais cela n'a jamais permis à aucun enfant de pouvoir parler la langue couramment. Pour l'enseignement bilingue à parité horaire, même avec d'excellents enseignants, les enfants sont majoritairement des bretonnants "passifs", ils lisent, comprennent, mais ne parlent pas la langue. Ce qui est très inquiétant dans ces résultats c'est la faible part de l'enseignement immersif. S'il n'est pas davantage encouragé, médiatisé, facilité par des emplois municipaux, des locaux adéquats, .... c'est toutes les filières qui diminueront. Le reste est bavardage inutile.

Yannig Baron
Mercredi 20 novembre 2019
Milena Krebs....
Je n'ai pas le plaisir de vous connaître, Je regrette, mais:
Je connais et vous aussi de nombreux écrivains ou autres personnes qui n'ont jamais eu d'enseignement de breton à l'école et qui écrivent et parlent très bien le breton.
Il est évident qu'un enfant qui à 24 heures de breton par semaine ( en maternelle car déjà en primaire cela évolue) sera, théoriquement, plus compétent que celui qui en reçoit 12 ou 3 . Mais, déjà, je vous fais remarquer que dans un passé très récent presque toutes les maternelles de l'enseignement catholique du Penn ar Bed pratiquaient l'immersion en maternelle et que c'est le cas désormais dans la grande majorité des filières bilingues du Pays Basque nord catholique et cela avance aussi dans le public, là-bas... rien n'empêche d'en faire autant en Bretagne.... La parité horaire horaire 50/50 c'est de la politique, mais l'immersion en maternelle, beaucoup le font... Il, faut le vouloir...c'est tout !
Par ailleurs dire que, à part Diwan, tous les autres seraient des " Passifs" est pour le moins étonnant. Je connais nombre d'élèves des filières bilingues privés ou publics qui sont aujourd'hui enseignant(e)s...à Diwan...ou professeurs compétents de breton ailleurs, ou animateurs ou trices en breton ici ou là.... comment est-ce possible ? ... Et je connais aussi une voisine qui à fait ses études à Diwan et qui ne veut plus entendre parler du breton... Ce qui n'est bien heureusement pas le cas de la majorité des élèves !
Alors, regardons les choses sans regard exclusif car ce n'est pas avec 5 ou 10 ou même 20 000 élèves à Diwan ( rêvons!) dans 50 ans... suivant des études exclusivement en langue bretonne ( et aussi en français et un peu anglais à la mode française) qu'on sauvera nos langues. Les Basques des Ikastolas du Pays Basque du sud l'ont compris depuis belle lurette... Ils ont 233 000 locuteurs en plus, essentiellement des jeuens.... Kenavo Yannig Baron

TY JEAN
Mercredi 20 novembre 2019
Petite précision : il y avait hier mardi 12 novembre une émission sur ARTE concernant l'ANGLESEY
(Pays de Galles).Dans ce reportage il était question d'un couple de londoniens ayant choisi de fuir la capitale et son agitation,couple d'enseignants.
La petite famille avec deux enfants doit apprendre le gallois.
" il est obligatoire de connaître cette langue pour pouvoir enseigner au Pays de Galles" dixit le père de famlle.Sans commentaire pour la Bretagne...

yvon ollivier
Mercredi 20 novembre 2019
Le problème vient du renoncement de nos élus. Ils considèrent que la langue est une chose secondaire méritant juste quelques efforts de communication. Lorsque l'on consacre moins de 1% du budget de la région à la politique linguistique, inutile d'en dire plus. Nos élus ne songent pas à mettre la pression sur l'Etat qui s'en moque totalement. Comme je l'explique dans la "lettre à ceux qui ont renoncé à la Bretagne" il s'agit d'un véritable suicide collectif orchestré par nos élus. Quand donc allons-nous prendre la mesure du naufrage et arrêter de soutenir des gens qui se moquent des Bretonnes et des Bretons depuis si longtemps?

Jacques
Mercredi 20 novembre 2019
"...et arrêter de soutenir des gens qui se moquent des Bretonnes et des Bretons depuis si longtemps..."

Ben oui, cela fait 40 ans que le mouvement breton vote massivement pour les jacobins et tout particulièrement les Ultra-Jacobins, c'est à dire le Parti Socialiste Français.

A cela rien d'agressif ou de mal disant mais un constat d'une réalité :
L'UDB connu pour avoir été le grand acteur de cette démarche et qui depuis la chute du Parti Socialiste Français jurait à qui voulait l'entendre que ''plus jamais'', ils ''avaient compris'', vient de faire une rechute monumentale en se mettant aux services de l'équipe des socialistes français de la Maire de Nantes (pourtant bien connu pour leur jacobinisme)...

La conséquence de cette démarche est qu'une offre politique bretonne ''professionnalisée'' (c'est à dire maitrisant les dossiers, disposant de réseaux et de moyen financiers) n'a jamais pu voir le jour, et plus grave l'idée politique bretonne a été totalement discréditée auprès des citoyens bretons voir même au sein de militants.

Plus que le jacobinisme, plus que nos élus, ces sont bien les militants qui achèvent la Bretagne.... par une démarche du ''en même temps''...

...en même temps militants bretons ET en même temps fidèles parmi les fidèles du jacobinisme...

Reste que le déni de cette réalité est probablement la plus grande force du mouvement breton...

Une chose est absolument sûre : rien n'avancera tant que notre fonctionnement mental sera construit sur ce schéma...


Écrire un commentaire :

Combien font 6 multiplié par 8 ?
Note : Ce lieu est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées.