Quand Paul Molac recadrait Alexis Corbière sur l'enseignement par immersion

Dépêche publié le 4/06/19 10:51 dans Langues de Bretagne par La rédaction pour ABP
photo vidéo : Paul Molac

Lors d'un débat à l'Assemblée nationale en 2018 sur la montée en puissance de l'enseignement privé et la fermeture d'écoles publiques, le député de la France Insoumise s'en est pris à l'enseignement par immersion utilisé dans les écoles DIWAN. Cela après les faux-pas sur le sujet de la part du Ministre de l'éducation nationale la semaine dernière. Rappelons aussi que Jean-Luc Mélenchon, le fondateur de la France Insoumise, avait accusé les écoles DIWAN d'être "une secte" et la langue bretonne d'être une "langue de la collaboration" (voir ABP 10696). ■


Vos commentaires :
Pascal Lafargue
Mardi 25 juin 2019
Il est tout de même extraordinaire que les politiques français perçoivent toujours la langue bretonne comme étant une espèce d’attribut du repli sur soi. Et cela quand bien même leurs propres compatriotes portent réguliièrement un parti d’extrème droite au second tour des élections présidentielles, et même en première position récemment lors des élections européennes !?

yvon ollivier
Mardi 25 juin 2019
selon corbiere, diwan véhicule une idéologie anti-républicaine. En un sens, il a raison car ce n'est pas la république au versant colonialiste de Mr Corbière que les Bretons défendent lorsqu'ils tentent de sauver leur langue. Il faudrait expliquer à ces gens là que la vrai république est celle qui libère les hommes et les peuples et que c'est le principe de cette république libératrice qui participe de l'esprit Diwan.
Il va falloir que nos jeunes ouvrent un peu les yeux sur cette France qui se dit insoumise et nous ferait basculer vers les pires errements totalitaires, sans doute la guerre civile. et qu'ils songent à voter autrement… Il faut remercier Mr Corbière lorsqu'il nous ramène à la vraie nature de sa formation politique.

Rafig
Mardi 25 juin 2019
Avec de tels propos passéistes de la IIIe républiques faut pas s'étonner que "les issoumis" fassent un score aussi nul aux élections Européennes !

C'est mieux de soutenir les régimes de Castro et Chavez !


Loïc.L
Mardi 25 juin 2019
Les mécanismes qui peuvent aboutir au pire sont toujours à l'oeuvre: un sentiment de supériorité exacerbé qui amène à la volonté d'anéantir l'autre ; Mélenchon utilise la même mecanique que son idole Robespierre. Robespierre qui avec une concentration des pouvoir aboutissa au genocide brito-vendeen. La bête est toujours là.
Mais les gens, la masse, en réalité s'en moque. Prendre position n'est pas leur souci, ou plutôt laisser faire si des forces puissantes sont à l'oeuvre; pour eux prendre position serait, dans leur inconscient, un risque de "sortir du système dominant", et donc ne rien voir leur permet de continuer à pouvoir se regarder dans une glace.
Même si c'est flagrant.
Oui, la bête est toujours là.

michel neumuller
Mardi 25 juin 2019
Ce que dit Pascal Lafargue du breton est tout aussi vrai de mon occitan...L'ouverture que cela permet sur le monde roman est merveilleuse, et bêtement conçue par le gouvernement comme par des énergumènes ignorants tel ce député de Seine-saint-Denis, comme une marque de communautarisme.

Lucien Le Mahre
Mardi 25 juin 2019
Le Jacobin contre le Girondin. Le centraliste contre le fédéral..
Deux conceptions de la République qui ne datent pas d'hier et pourtant, deux siècles plus tard, malgré un début de régionalisation sur découpage technocratique, le jacobinisme continue de l’emporter et rien n’est vraiment réglé.

Récapitulons pour mémoire ce qu'ici tout le monde sait mais qui pourtant détonne dans l'hémicycle.
Avec l’un, le Pouvoir, couronnant une structure autoritaire et pyramidale, s’impose d’en haut à tout être et toute chose jusqu’aux moindres recoins du pays. Le Peuple se conforme à la structure qui le modèle.
On se sent là aux marches de Sparte, de Rome ou de la Prusse plutôt qu’à celles d’Athènes, tant y transpire une nostalgie monarchiste ou une vive aspiration à une quelconque autocratie, une forte envie de se rallier à un homme fort, un conducteur providentiel : un Chef !

Pour l’autre à l'inverse, l’Etat doit s'adapter en épousant au plus près le peuple qui le nourrit et qui, riche de sa diversité alors reconnue et respectée, ne s'interdit en aucune façon d’être solidaire.
Cela se traduira on le sait par une structure politique décentralisée visant à responsabiliser le citoyen aux différents niveaux de gestion partagée ainsi qu'à mieux prendre en compte ses légitimes aspirations.

Et on le sait d'autant mieux que la plupart de nos homologues du monde occidental ont choisi une version de cette seconde organisation à la fois plus démocratique, plus souple et plus réactive que la première.

A commencer par l’Allemagne - poussée par les USA - au sortir de la centralisation dictatoriale hitlérienne, ainsi que l’Espagne, libéré une génération plus tard de conditions franquistes d'inspiration voisine, mais elles furent précédées par les Etats Unis d’Amérique dès leur création ou encore la Confédération Suisse en 1848...

Finissons-en avec une légende : la France et les Français ne constituent nullement l’orgueilleuse exception où l’esprit routinier de nos politiques trouve encore alibi pour justifier l’organisation retardataire du pays. Un pays peu soucieux du peuple réel et encore encombré du vestige colonial d’un hégémonisme intérieur à l’égard de ses nations historiques, cet aspect se résumant à une volonté assimilationniste "soft" par effacement de leur culturel spécifique.


Naon-e-dad
Mardi 25 juin 2019
Alexis Corbière, député mélenchoniste (La France Insoumise), évoque le cas du portugais ou de l’arabe, dont pourrait se prévaloir tel ou tel écolier à propos de la langue de ses parents ou grands-parents.

C’est oublier que le Portugal et l’Algérie sont des états souverains avec tous les attributs ou champs associés (système scolaire, système médiatique, sphère culturelle,…etc…) - les antennes paraboliques sur les façades de nos immeubles, orientées vers des ailleurs étatiques, rappellent ostensiblement au promeneur urbain cette influence invisible -. C’est passer sous silence le fait que ces langues d’importation ne sont nullement menacées (le portugais est plus parlé que le français, au niveau mondial. Je suppose qu’il en est de même pour l’arabe, même si la dialectisation tempère la statistique)…

Doit-on en déduire que le vibrant plaidoyer de M. Corbière, qui fait montre d’être si sensible aux langues, porte en filigrane le projet politique de régions fortes et bien dessinées ? Hélas, non. M. Corbière et ses petits camarades, représentent un véritable danger (ré)public (ain).

Merci à Paul Molac, Marc Le Fur, et autres députés connaisseurs de la réalité bretonne de défendre leurs concitoyens et l’avenir de la péninsule.

Ezhomm braz zo deus kannaded evit difenn ar rannvro hag ar yezh.


Jacques
Mardi 25 juin 2019
A mon sens, le plus étonnant n'est pas le discours de A.Corbière mais le fait que les Bretons s'en étonnent... ou pour dire autrement : faute de courage, les Bretons préfèrent se bercer d'illusions sur la nature de la République...

Ah que c'est utile d'avoir sous la main des ''extrémistes'', alors que c'est la grande majorité des députés, sénateurs et hauts-fonctionnaires qui pensent ainsi à différents degrés...

Même au sein du mouvement breton, la chose est loin d'être claire...
Voir la difficulté et le silence vis à vis de l'enseignement de l'histoire (la langue étant l'arbre qu'on aime à montrer pour cacher la réalité de la forêt Républicaine en matière d'enseignement)...

Nous les Bretons faisons tellement parti du problème que nous n'arrivons même plus à assumer le mot ''nation/nationaliste'' alors qu'il est d'un usage commun chez les Corses, Catalans et Écossais que nous admirons tant (le courage du combat par procuration)...

Les propos du Ministre Blanquer illustrent à la perfection :
Un homme perçu jusqu'à présent comme ''modéré et ouvert'' mais qui n'a pas hésité à énoncer des propos d'une rare absurdité... au nom de la République... (on est officiellement loin du portrait de l'extrémiste... alors pour lui le militant breton dira qu'il est ''inculte''... la bonne blague...)

Donc plutôt que de critiquer Corbière et Mélanchon, le mouvement breton devrait plutôt les remercier... tant ils nous sont utiles pour nous éviter de regarder la réalité...

Ne pensez-vous pas...?

(D'ailleurs, ils sont tellement utiles qu'il serait intéressant de connaître le pourcentage de militants bretons qui votent pour nos joyeux gaillards et pour les jacobins ''au nom'' des valeurs de la République.... Triste réalité...!)


Ar Vran
Mardi 25 juin 2019
@Jacques
Pour votre information cet échange a eu lieu il ya de cela un an (Mars 2018) cela fait un peu rechauffé
mais je rassure tous les lecteurs : comme nos 'amis' jacobins sont tellement sclérosés dans leurs discours, on ressortirait des déclarations d'il y a plusieurs années , elles seraient hélas encore actuelles.
Dommage que Pompidou soit mort car sa déclaration sur la langue bretonne n'a pas pris une ride car on pourrait facilement l'appliquer à nos hommes politiques actuels ("Il n'y a pas de place pour les langues et cultures régionales dans une France destinée à marquer l'Europe de son sceau." )
Quand les Bretons auront compris qu'ils n'ont rien à attendre de la France pour sauver leur langue, on aura alors fait un immense pas en avant...

Luigi Barsagli
Mardi 25 juin 2019
Très bien vu une nouvelle fois Jacques. Je partage régulièrement vos analyses;

Emilie Le Berre
Mardi 25 juin 2019
Également d'accord avec Jacques. Je confirme le vote de parents, dont les enfants sont en classe bilingue, pour φ.

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