Tartuffe aux Olympiades de Pékin : pour Dieu et pour la patrie

Lettre ouverte publié le 10/04/08 0:41 dans Politique par Mikael Moazan pour Auteur
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Citius, Altius, Fortius : c'est la devise du Comité International Olympique. Elle n'est pas de Coubertin mais du dominicain Henri Didon.

Plus vite, plus haut, plus fort : seuls les hommes forts et capables de lutter pour Dieu et pour la patrie trouvaient grâce au regard du père Didon, alors directeur du collège d'Arcueil.

On doit avouer que c'est un peu gênant pour les individus chétifs ou handicapés par la nature. Le pouvoir spirituel, tellement lié au pouvoir temporel qu'il est impossible d'en tracer une frontière, ne s'embarrasse pas de vertus.

Les hommes d'églises sont des individus comme les autres, inscrits dans le temps, et sujets de toutes les bêtises que les hommes peuvent inventer pour asseoir un pouvoir et dominer.

Il fallait des hommes solides et sains pour travailler douze heures par jour dans les fabriques, éviter la ruine des investisseurs et assurer le confort de l'État.

L'activité physique isolée s'est trouvée enserrée dans une pratique collective et codifiée au service d'un intérêt qui dépassait l'individu. Le sport était né.

Depuis, rien n'a changé.

Les professeurs d'éducation physique participent à la même entreprise de domination de l'État. Ils ne sont pas fonctionnaires pour rien.

Un anonyme Breton sportif n'existe pas. Il n'y a que des athlètes français, membres d'une équipe officielle…

Une équipe officielle bretonne ne changerait rien à l'affaire. Elle serait autant dénuée de sens, tout en voulant en produire un.

La Bretagne a l'expérience du cyclisme et des produits malheureux qui l'accompagnent.Les Olympiades de la grandeur des Etats ne font pas l'économie de ces pratiques. On se souvient tous de la RDA.

Et voici que Tartuffe évoque les jeux olympiques de Pékin. Quelle fête pour les sportifs qui préparent ces jeux depuis des années !

Pékin arrive comme un point d'orgue. Les jeux sont depuis longtemps un marché de dupes.

Mais aujourd'hui le régime chinois semble créer un trouble, notamment à propos du Tibet. Paris était concurrent pour obtenir les jeux que Pékin a reçus.

Supposons alors que ce soit la France qui organise les jeux de 2008.

Pouvez-vous imaginer des banderoles, des pancartes en nombre qui disent : Free Brittany, Free Corsisa…..à l'instar de celles qu'on voit aujourd'hui mentionnant Free Tibet ?

On connaît par avance la réponse des jacobins qui défendent les libertés distantes : ce n'est pas comparable.

Eh bien, si, ça l'est !

Nos préfets sont l'équivalent des gouverneurs de province chinois. Notre autonomie et nos libertés ne sont pas plus prononcées qu'au Tibet, et certainement moins qu'en Catalogne ou au Pays Basque.

Pire encore, ça fait beaucoup moins longtemps que nous sommes sous le joug de l'appareil d'état français que le Tibet ne l'est de l'appareil chinois.

La moindre violence de la répression française, son caractère apparemment plus soft, ne reflète pas une plus grande tolérance. Elle tient, en grande part, à l'influence des régimes occidentaux qui n'accepteraient pas de la France qu'elle se conduisît en barbare.

I had a dream :

J'ai vu cette foule parisienne s'éprendre de la liberté tibétaine et j'ai pensé qu'elle saisirait alors combien nos libertés fondamentales nous tenaient à cœur.

Je n'ai, en fait, rien vu. Ce n'était qu'une représentation de Tartuffe, une de plus, dans un théâtre des Champs-Élysées comme il s'en donne beaucoup.

Paris défend les libertés distantes en organisant une mise en scène, comme si la liberté avait besoin d'acteurs de spectacle.

Orandum est, ut sit mens sana in corpore sano


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Vendredi 10 mai 2024

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